Résidences de Caroline Cranskens et Elodie Claeys à Plounéour-Ménez

Portée par l’association Poésie et Pas de côté, avec le soutien de la DRAC et de la Région Bretagne, et l’accompagnement des Moyens du Bord, cette résidence invite Caroline Cranskens et Elodie Claeys sur la commune de Plounéour-Ménez afin d’y développer un projet de création.

Note d’intention
« Le point de départ : le rapport au territoire, l’ancrage au sol. Un territoire doit être : habité, partagé, transformé. Quelle que soit l’approche de cette notion, un territoire implique l’existence de frontières ou de limites.
Qu’est-ce qu’une limite ? À cette question nous viennent à l’esprit des réflexions :
— d’ordre topologique : un bord, un contour, une surface, une frontière, un passage, une
enceinte, une extrémité… L’origine étymologique du verbe “limiter” (limitera, -iter) désigne un sentier (limes, -itis) séparant deux étendues. […] La limite permet la définition d’un écart, d’un intervalle, rendant possible l’organisation des éléments pour sortir du confus. Sur un sentier de traverse, l’homme peut se mettre en mouvement et rencontrer d’autres êtres.
En distinguant et donnant des contours, les limites séparent et contiennent, servent à organiser le monde, à le préserver du chaos originel.
— d’ordre historique et géopolitique : on peut penser aux territoires occupés comme un
état limite aux frontières variables, écartelé entre différentes forces, soumis à des agressions permanentes, ne permettant pas aux sujets qui y vivent de se sentir – de façon durable – en sécurité. L’histoire montre aussi que lorsque les frontières deviennent poreuses (de par leur étendue, ou de par l’acharnement des peuples à les franchir), les hommes construisent des murs.
— d’ordre humain : la peau, le corps, la douleur, la mort ? / Le “non”, les interdits, la loi /
Les autres, la séparation, les liens, l’amour / Le sens, la cohérence d’un parcours, la mémoire de ses actes et de son identité. […]
Comment fabriquer des limites qui tiennent ?
Nous comptons puiser dans les mythes, les contes, les textes sacrés et la poésie, mais aussi dans l’actualité (les phénomènes migratoires et climatiques) pour alimenter le projet. Et de nous inspirer bien sûr du territoire sur lequel nous posons les pieds, c’est-à-dire les Monts d’Arrée (de petits îlots reliés entre eux). Tout en questionnant le rapport à la source qui correspond à la période de l’enfance, l’enfance qui ignore la délimitation artificielle entre la “montagne et la plaine”. »
S’en suivi un dialogue internet riche et dense… qui décale déjà du territoire vers la notion de limite(s)…

 

Dans le cadre du jumelage culturel entre les Moyens du Bord et le collège Les Monts d’Arrée de Plounéour-Ménez, un projet est en cours sur toute l’année auprès des classes de 4e. Ce projet mêle exploration du territoire et écriture plastique à travers l’intervention d’artistes.

En lien avec leur résidence, Caroline Cranskens et Elodie Claeys accompagneront les élèves de 4e sur la création de vidéos.

Projet visible au collège en mai 2018

Avec Caroline Cranskens, Élodie Claeys trace des lignes dans un espace ouvert où chacun est bienvenu : lectrices cinéphiles, tantôt libraires, tantôt vagabondes, toujours militantes, elles ont créé Fureur & mystère, revue onirique confidentielle qui passe de mains en mains dans les bars ou sur les trottoirs de Lille (le 7e et dernier numéro a paru à l’automne 2016), et réalisé le film ederlezi (le retour du printemps). Caroline Cranskens traduit, monte, écrit ; Élodie Claeys interroge, écoute, diffuse, travaillant la mémoire et la transmission à travers des entretiens. Elle a été première assistante réalisatrice sur le film Mouton de Gilles Deroo et Marianne Pistonne en 2014, et participe au festival du film d’Arras en tant que chargée de communication.
Née en 1979, Caroline Cranskens vit entre Lille et Lisbonne. Elle relie aujourd’hui ces deux villes à travers le montage en images d’« un nouveau joli mai » dont témoigne le film ederlezi (le retour du printemps) réalisé en 2016 avec Élodie Claeys et publié aux Venterniers. Elle est publiée en revues (Arcane 18, Borborygmes, A verse, Mercure liquide, Concerto pour marées et silence, Verso), et deux de ses recueils poétiques ont paru aux Venterniers : devant la Machine en 2013 et Gypsy Blues  en 2014.

 

L’association Poésie et pas de côté – structure d’accueil de la résidence
L’association « Poésie et pas de côté » a défini ses orientations suivant quatre axes :
— créer un réseau d’auteurs et de plasticiens, en publiant leurs travaux sous l’enseigne
« éditions isabelle sauvage », maison d’édition désormais reconnue et diffusant sur l’ensemble du territoire national, comptant à son catalogue environ 90 titres et 25 livres d’artiste depuis 2002
— diffuser la poésie et l’art dans les communes des monts d’Arrée, à travers manifestations, lectures, expositions ; le festival « Les Possibles », organisé au printemps en partenariat avec le café-librairie L’Autre Rive et d’autres structures du territoire, en est un des temps forts
— participer à la reconnaissance et à la valorisation des pratiques artistiques sur le territoire des monts d’Arrée, notamment la poésie et les arts visuels, en organisant des résidences d’auteurs et d’artistes
— favoriser des temps de découverte, d’approfondissement et d’apprentissage des écritures et des arts, à travers la proposition de stages ou d’ateliers de typographie, de gravure, de techniques visuelles ou d’écriture.

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Publié dans Résidence
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